60 años de la AMI : 4 intervenciones en mesas redondas
26/02/2026

Con motivo de su 60 aniversario, la AMI organizó una jornada festiva que comenzó con una mesa redonda sobre la protección social en el mundo.

 

El público asistió a intervenciones de gran calidad de la hermana Esther Thera, monseñor Joseph Sagwe, el padre Meaudre y el señor Beau, quienes nos honraron con su participación en estos intercambios, con la amable colaboración de KTO y del periodista Cyril Lepeigneux..

 

Padre Emmanuel Meaudre, responsable del servicio de Salud de los Espiritanos (Francia), es también asesor técnico de la AMI. Describió la oportunidad única que supone la AMI desde la creación de la Asociación, en la que participaron los Padres. Varios cientos de religiosos han podido y pueden cumplir su misión con buena salud en todo el mundo.

««Los espiritanos son misioneros y operan principalmente en el África subsahariana, las islas del Océano Índico, el Caribe y América del Sur desde 1965. Son cofundadores de la AMI, que institucionalizó la ayuda mutua entre misioneros de diversos institutos. Al principio, las preocupaciones financieras eran el centro de las discusiones, centrándose en las cuotas necesarias para los 1200 hermanos, 800 de los cuales se encontraban en el extranjero. Sin embargo, los espiritanos se dieron cuenta rápidamente de las ventajas de la AMI, como la ayuda para hospitalizaciones imprevistas o evacuaciones sanitarias necesarias en aquella época, en la que las estructuras médicas eran limitadas.
La AMI ofrecía cierta garantía en cuanto a la salud de los misioneros, el reembolso de los gastos médicos y facilitaba las operaciones quirúrgicas, en particular organizando las evacuaciones sanitarias. Los institutos, especialmente los femeninos, también contribuyeron a la mejora de las infraestructuras sanitarias y a la formación médica. En la actualidad, la AMI colabora con MSH International para gestionar estos aspectos. La AMI promueve la dignidad de cada individuo, independientemente de su condición o lugar de residencia. Fomenta la solidaridad a escala mundial y agradece a quienes continúan esta misión.

 

 

Hermana Esther Thera es la superiora de las Hijas del Inmaculado Corazón de María (Malí) y administradora del AMI. Destacó la necesidad de tener en cuenta los aspectos sanitarios regionales, citando las enfermedades endémicas, las afecciones locales, pero también el acceso limitado a la atención sanitaria en África Occidental..

«Le Mali et le Burkina Faso rencontrent des défis importants, tels qu’une croissance démographique rapide, des conflits armés, du terrorisme et des ressources limitées.
Les principaux besoins en santé incluent la gestion des maladies endémiques comme le paludisme, le VIH, la tuberculose et la dengue, ainsi que le suivi des maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension. La santé mentale est également un enjeu majeur, avec des services très limités. La prévention des épidémies, la lutte contre la malnutrition et la santé maternelle et infantile sont d’autres préoccupations essentielles.
Avec la croissance de la population jeune, la demande pour les services de santé augmente. Bien que certaines maladies infectieuses montrent une diminution, de nouveaux besoins liés aux maladies chroniques émergent. Les défis restent nombreux : l’accès limité aux soins dans les zones rurales, la qualité des soins due à un manque de personnel et d’équipements, ainsi que des problèmes d’approvisionnement en médicaments et de financement du système de santé.
Des progrès ont été réalisés, comme une meilleure accessibilité aux soins techniques (radiothérapie, scanner, etc. ) et des initiatives comme la création d’un centre de recherche pour la drépanocytose. Des programmes de vaccination ont amélioré la santé des populations vulnérables, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires.
L’EMI, présente en Afrique de l’Ouest depuis près de 58 ans, s’efforce d’améliorer le bien-être en développant des réseaux de soins. Elle peut jouer un rôle important en soutenant des initiatives comme la prise en charge totale de certains soins. Pour conclure, malgré les défis sanitaires, des opportunités d’amélioration existent, nécessitant un engagement fort de la communauté et des investissements soutenus pour faire de la santé un pilier du développement durable.»

 

Monseigneur Joseph Obanyi Sagwe, évêque de Kakamega au Kenya et adminsitrateur de l’EMI. Il a évoqué l’importance de la santé pour les prêtres et évêques, face au vieillissement et aux coûts élevés des soins, malgré le nouveau fonds social kenyan. L’investissement dans la santé des membres de l’Église est nécessaire pour assurer la durabilité de leur mission.

«La santé progresse au Kenya, notamment avec l’introduction d’un nouveau régime de protection sociale appelé le Fond social d’assurance de santé, qui vise à offrir des soins à tous les citoyens avec des contributions abordables. Cependant, ce système fait face à plusieurs défis, comme des difficultés à payer les contributions et à rembourser des dettes énormes, tout en répondant aux attentes du peuple envers le gouvernement.
L’évêque précédent à Kakamega, Monseigneur Philip Sulumeti, avait été hospitalisé générant des frais élevés, même s’ils ont partiellement été couverts par l’EMI.
Actuellement, un prêtre du diocèse est dans une situation similaire, preuve que la gestion des soins de santé est un souci majeur pour les évêques, surtout avec une population vieillissante dans plusieurs diocèses d’Afrique.
Il est donc nécessaire de prêter attention à la santé des membres, car des problèmes de santé qui ne sont pas traités peuvent entrainer des affections chroniques. La santé des prêtres est ainsi cruciale pour le succès de la mission de l’Église. Enfin, Jésus a toujours donné de l’importance à la guérison dans sa mission.
Les supérieurs et les évêques doivent avoir conscience de l’importance de la santé dans l’Eglise, la nécessité d’investir dans leur santé, et la pertinence d’un régime de protection sociale. La santé doit être portée comme une priorité dans la mission de l’Église, afin d’assurer sa durabilité.»

 

Monsieur Pascal Beau est Président de l’Observatoire Européen de la Protection Sociale et fondateur des éditions ESE (Espace Social Européen). Il a dressé un panorama des défis relatifs à la santé dans le monde. Cohérence, approche globale, investissement, engagements de toutes les parties, développement, ….sont les conditions d’une amélioration significative de la situation sanitaire dans le monde.

«La situation de la santé mondiale met en lumière des réalités et des enjeux clés, en particulier après la pandémie de Covid-19. La complexité des problèmes de santé varient significativement d’un pays à l’autre. A noter que bien que 150 pays puissent fournir des statistiques fiables sur la santé, 30 à 40 autres manquent de données précises, ce qui rend difficile une synthèse globale.
La pandémie a eu un impact fort sur la mortalité et l’espérance de vie, avec une baisse moyenne de 1,8 an. Malgré les efforts considérables des pays riches, les disparités subsistent. Si l’Afrique a connu relativement peu de cas de COVID, plusieurs maladies (comme le sida et le paludisme) restent des préoccupations majeures. Les maladies non transmissibles, telles que les maladies coronariennes, le diabète et les cancers, représentent également un défi mondial.
Les stratégies manquent de solidité pour gérer les risques infectieux. A l’échelle mondiale, le rôle de l’OMS est discuté ; en Europe, le programme a été créé récemment HERA. Environ 1,8 milliard de personnes ont vu leur santé s’améliorer depuis 2023 grâce à divers progrès, un accord mondial sur les pandémies a également été adopté en 2024, mais un long chemin reste à parcourir.
Les défis en matière de santé incluent la nécessité de reconnaître l’importance de la santé pour le développement socio-économique durable, le financement insuffisant de la santé dans de nombreux pays, la formation des professionnels de santé, et l’urgence de l’éducation à la santé et à la vaccination. Les enjeux climatiques, démographiques, et la question des données personnelles dans le contexte de l’IA ne sont pas à négliger.
Enfin, une approche globale mais aussi locale de la santé est nécessaire, car elle est un droit de l’homme. La coopération, l’engagement des patients et le recours à la science sont essentiels pour surmonter les défis. Il insiste sur l’importance de réévaluer les actions de santé qui doivent toujours intégrer une dimension éducative, préventive et citoyenne.»

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